Chapitre 6
Il est plus de 19 heures quand nos cinq amies se sont retrouvées autour
d'une table, devant un succulent repas en compagnie de Miki et Lucas. Ce dernier
portait un pansement au front et semblait quelque peu souffrir. Et pour cause,
aprés avoir montrer les bases du tennis à Bunny, Marcy et Mathida qui s'étaient
montrées desélèves trés assidues, il avait décidé de faire un petit match en
double pour clôturer le cours. Pour équilibrer les chances, il choisit de
prendre Mathilda comme partenaire, à la plus grande joie de celle-ci, contre
Bunny et Marcy, quand à elle verte de jalousie. Le match tourna au réglement de
compte entre les deux filles, devant leurs partenaires complètement dépassés.
Alors que la balle de match allait se jouer sur un fantastique service de Marcy,
Mathilda ne parvint pas à contrôler la trajectoire de la balle qui vint
malencontreusement se nicher au milieu du front de Lucas. A la fin du récit,
Raya, Molly et Miki ne purent s'empêcher d'éclater de rire. Mathilda était
terriblement gênée et ne cessait de s'excuser auprés du jeune homme qui lui
répondait à chaque fois "Ce n'est pas grave !" en plaisantant. Marcy semblait
ravie de cette situation qui lui donnait l'avantage sur sa camarade. Elle était
au petit soin pour Lucas et se plaisait à vouloir lui donner à manger comme à un
grand blessé, ce qui n'était pas pour lui déplaire. Mathilda n'avait de cesse de
lui lancer des regards assasssins chaque fois que celle-ci lui proposait une
nouvelle bouchée. Bunny quand à elle savourait tranquillement son repas,
heureuse de n'être en rien responsable des maux du jeune homme.
_Miki : Bon, pour demain, je vous propose une initiation à la planche à voile
pour tout le monde !!!
_Marcy : Pourquoi pas ! Je n'en ai jamais fait, ce serait l'occasion
d'apprendre.
Bunny n'était pas trop de cette avis, elle qui détestait l'effort physique et
n'avait aucun sens de l'équilibre, elle s'imaginait déjà tentant tant bien que
mal de se maintenir
sur la planche, complètement ridicule. Elle préféra couper court à la
conversation.
_Bunny : Je suis exténuée ! Je crois que je vais aller me coucher.
_Molly : Déjà ! Tu as à peine touché à ton assiette.
_Bunny : Vraiment je suis épuisée, je vais aller prendre une bonne douche et
aprés dodo ! A demain tout le monde !
_Miki : A demain, fais de beaux rêves !
Et Bunny quitta la cafétéria pour se diriger vers l'escalier. Aussitôt qu'elle
quitta la pièce, Miki demanda aux filles :
_Miki : Votre amie n'a pas l'air d'être en forme, elle est malade ?
_Raya : Non, pas exactement.
_Mathilda : La vérité c'est que Bunny vient tout juste de sortir d'une histoire
d'amour et elle a du mal à tourner la page.
_Marcy : Ce séjour était pour nous le meilleur moyen de lui changer les idées.
_Miki : Ah ! Je comprends mieux maintenant.
_Lucas : Sans vouloir être indiscret, ce chagrin d'amour, comment s'appelle-t-il
?
_Molly : Il s'appelle Bourdu. Cela faisait plus d'un an qu'ils sortaient
ensemble et du jour au lendemain, leur relation a commencé à s'effriter. Ils ont
finalement rompu, il y a deux mois de cela.
_Miki : C'est vraiment triste pour elle.
_Lucas : Ouais, aimer trés fort quelqu'un et que tout s'arrête subitement, la
vie est vraiment étrange parfois.
_Raya : En parlant de chose étrange, nous avons rencontré une vieille dame prés
du lac et elle nous a paru trés bizarre.
_Miki : Ah oui ! C'est sûrement la vieille Tsunade !!! Ne faites pas attention à
elle, elle est un peu sénile mais elle n'est pas méchante. Elle vit seule dans
une petite
cabane dans la forêt.
_Molly : Elle nous a parlé d'une jeune fille qui se serait noyer dans le lac, il
y a des années.
_Lucas : Elle raconte cette histoire à qui veut l'entendre : une fille qui,
ayant perdu l'amour de sa vie, préféra finir ses jours au fond du lac plutôt que
de vivre sans lui mais personne n'y croît par ici.
_Mathilda : Pourrais-tu nous dire ce qu'il est advenu du jeune homme dans
l'histoire ?
_Lucas : Si je me rappelle bien, le jeune homme aurait appris la mort de sa
bien-aimée le soir de ce fameux bal, et, sous le choc, il se serait lui aussi
donner la mort afin de pouvoir la retrouver au paradis. Mais la légende veut que
son âme ne monta jamais au ciel, condamné à rester prisonnier entre la vie et la
mort, et que son fantôme hanterait toujours la région, attendant patiemment le
retour de sa bien-aimée à ses côtés.
_Marcy : C'est vraiment horrible !
_Miki : Et encore, l'histoire dit aussi que tous les membres de la famille du
jeune homme auraient sombré dans la démence et que tous ses domestiques auraient
mystérieusement disparus quelques temps aprés.
_Mathilda : Elle est vraiment macabre, cette histoire ! J'en ai froid dans le
dos.
_Lucas ( passe son bras autour des épaules de Mathilda ) : Ne t'en fais pas, ce
n'est qu'une histoire alors tu n'as rien à craindre.
Mathilda en profita pour se blottir d'avantage contre lui ce qui mit Marcy trés
en colère.
Peu de temps aprés, chacun regagna sa chambre. Marcy et Mathilda s'efforcèrent
de faire le moins de bruit possible pour ne pas réveiller Bunny qui dormait
paisiblement. Quelques minutes plus tards, tout devint calme. La nuit était
claire et la lune, presque pleine, brillait de tout son éclat dans le firmament.
Mais Bunny se
réveilla brusquement, victime d'une insomnie. Ne pouvant plus dormir, elle se
couvrit d'un châle et sortit sur le balcon prendre l'air. L'atmosphère était
douce, pas un
bruit ne venait troubler la sérénité de la nuit. Bunny contemplait la lune d'un
air songeur.
/J'ai vraiment des amies fantastiques. Elles ne se doutent pas que j'ai
deviné ce qui les a poussé à venir ici. Ce sont des anges qui veillent sur moi,
et moi je ne puis leur rendre ce qu'elles me donnent. Je sais qu'elles ont
raison, qu'il est temps pour moi de tourner la page et de passer à autre chose.
Il n'y a plus rien entre Bourdu et moi depuis longtemps mais je ne voulais pas
l'admettre. Avec le recul, je m'aperçois que notre histoire n'était plus ce
qu'elle était. Oh non, Bunny... Arrête d'y penser!!! Tu es dans un endroit
génial avec tes meilleures amies, tu dois te montrer plus dynamique ! Et demain,
tu feras de la planche à voile avec le sourire et tant pis si tu es ridicule. Il
n'y a que comme ça que tu pourras les remercier de tout ce qu'elles font pour
toi.
Et voilà que je me parle à moi même, je dois vraiment être sotte./
Elle s'accouda à la rambarde et joignit les mains comme pour prier et ferma les
yeux.
/Lune, toi ma planète d'origine, aide-moi à trouver la force de surmonter
tous les obstacles qui se dressent sur mon chemin, et d'enfin retrouver le
bonheur auprés d'une personne qui saura à nouveau me faire connaître l'amour.../
Lorsqu'elle ouvrit les yeux, quelque chose attira son regard. Elle vit une
silhouette sur le ponton. Pour une raison qui lui était étrange, elle sentit
comme une sorte d'attirance qui l'empêchait de détourner son regard de cette
silhouette. N'y pouvant plus, elle rentra dans sa chambre, prit ses chaussures
et sortit de la chambre sur la pointe des pieds. Elle descendit les escaliers en
s'efforcant d'aller vite tout en faisant le moins de bruit possible. Une fois au
rez-de-chaussé, elle se dépêcha de traverser le hall, passa la porte d'entrée,
et courut en direction du lac. Mais une fois sur le ponton, il n'y avait plus
personne. Bunny regarda autour d'elle, espérant trouver une preuve de la
présence de quelqu'un à cet endroit. Il n'y avait rien. Elle s'avança au bout du
ponton et fut aussitôt interpellé par la présence de gouttes d'eau sur le bois,
à l'endroit même où se trouvait la silhouette. Elle se baissa pour mieux
regarder et vit que les gouttes étaient réparties en deux zones et étroitement
serrées, ce qui l'amena à penser que la personne qui se tenait là, devait
pleurer. Cette idée lui déchirait le coeur, elle n'aimait pas voir les gens
pleurer mais là c'était comme si elle était capable de ressentir la souffrance
contenue dans ces larmes. Elle aurait voulu trouver cette personne et la
réconforter. Mais il se faisait tard et elle décida de rentrer. Alors qu'elle
marchait vers l'auberge, elle ne se doutait pas que la silhouette était en train
de l'observer, soigneusement dissimulée par les ombres de la forêt. Une légère
brise souffla dans les branches des arbres, laissant apparaître une partie de
son visage. Des larmes coulaient le long de ses joues mais tout à coup, un léger
sourire se dessina sur ses lèvres puis la silhouette disparut.
Le lendemain matin, ce fut avec un mine réjouie que Bunny rejoignit ses amies à
la cafétéria pour le petit déjeuner. Elle remarqua la présence de nouveaux
clients, un groupe de quatre garçons d'environ 20 ans, trés mignons, des
étudiants à première vue. Bunny se dit :
/C'est Mathilda qui doit être contente ! Elle qui espérait voir plus de
garçon, la voilà comblée !/
_Bunny : Ohayo mina-san !!!
_Mathilda : Coucou Bunny !!! Tu as bien dormi ?!
_Bunny : Comme un loir !
_Molly : Tu dormais tellement bien qu'on a pas voulu te réveiller.
_Marcy : Tiens, je t'ai préparé ton petit déjeuner.
_Bunny : Oh merci ! Je t'adore !
Bunny s'assit à côté de son amie et attaqua voracement son copieux petit
déjeuner devant les mines abasourdies de ses amies.
_Raya : On peut dire que tu n'as pas perdu l'appétit. Méfie-toi quand même ou tu
risque de grossir, je ne veux pas avoir à supporter tes "j'ai encore grossi" ou
tes "pourquoi vous ne m'avez pas empêcher"!
_Bunny (avec un sourire affectueux) : Ne t'en fais pas Raya ! Je te promets de
faire attention !
La réaction de Bunny laissa sans voix les quatre filles. En temps normal, elle
se serait jetée sur Raya en la menacant de sa fourchette mais là rien.
_Molly : Tu as l'air bien guillerette ! Aurais-tu fait un beau rêve pour être
d'aussi bonne humeur ?
_Bunny : Non, pas à ma connaissance !
Bunny n'osa pas leur parler de l'inconnu du ponton. D'ailleurs, elle n'était
plus très sûre de ce qu'elle avait vu cette nuit.
_Mathilda : Bunny, tu as remarqué les quatre garçons juste derrière nous ?!
_Bunny : Oui, je les ai vu.
_Mathilda : Tu ne les trouve pas à croquer !!!
_Bunny : Mouais, ils sont pas mal...
_Mathilda : Pas mal ?!! Ils sont à tomber tu veux dire !
_Marcy : A t'entendre, tu as déjà enterrer Lucas !
_Mathilda : Mais non, pas du tout !
_Marcy : C'est pourtant l'impression que tu donnes.
Mathilda s'approcha d'elle pour lui parler à l'oreille.
_Mathilda (chuchote) : Tu ne comprends rien, si je dis ça c'est pour Bunny !
_Marcy (chuchote) : Et tu veux me faire croire ça ?!
_Mathilda (chuchote) : Je sais ce que je dis, rien de tel aprés une rupture que
de se chercher un nouveau petit copain !
_Marcy (chuchote) : Ce qui s'applique à toi, ne s'applique pas forcément aux
autres.
Mathilda allait répliquer quand, tout à coup, une voix familière résonna dans
son dos.
_Miki : COUCOU TOUT LE MONDE !!!
Toutes les filles sursautèrent instentanément, la voix de Miki avait tellement
résonné que les murs semblaient avoir vibrer.
_Raya : Bonjour Miki, tu as l'air en forme.
_Miki : Et comment ! J'ai toujours une de ces pêches le matin !
_Molly : Ca se voit !
_Mathilda : Je peux te poser une question ?
_Miki : Vas-y, je t'écoute !
_Mathilda : Que peux-tu nous dire sur les quatre garçons, là derrière ?
_Miki : Eux ! Ce sont des étudiants, ils sont là pour observer la pluie d'étoile
filante de ce soir pour la section astronomie de leur fac.
_Molly : Ah vraiment !
_Miki : Tiens, à propos de ça ! J'ai oublié de vous dire que ce soir, il y aura
une fête ici-même juste aprés la pluie d'étoile filante. Faudra vous faire
belles !
_Mathilda : Génial !!!
Mathilda pensée : Comme ça, je vais pouvoir me rapprocher de Lucas, il ne
pourra pas me résister lorsqu'il me verra dans ma belle robe que j'avais pris
spécialement.
Marcy pensée : C'est l'occasion où jamais de mettre la main sur Lucas. Je ne
vais pas le lâcher d'une semelle, et Mathilda ne pourra pas lui faire son
numéro.
Les deux filles se mirent simultanément à ricaner, au grand dam de leurs amies
qui essayaient de sauver la face en faisant mine de ne pas les connaître.
_Miki : Alors prêtes pour votre premier cours de planche à voile ?
_Marcy : Oui, on est toute folle de joie.
_Miki : Dans ce cas, je vous attend devant l'abri à bateau dans quinze minutes,
toutes en maillot ! A tout à l'heure !
Et la voilà repartie. |